Petite Folie Celte

Publié le par Eric Roux

Ce qui va suivre est à étudier avec assiduité, il se pourrait que ce soit une histoire vraie...

Il y a fort fort longtemps, dans une clairière du fin fond de la vaste forêt bourguignonne, s’éveillait sur la terre la première tribu celte, tous droits sortis d'on ne sait où.
Grands et beaux étaient les hommes.
Petites…mais belles, étaient les dames.
Très rapidement ils s’organisèrent pour se nourrir dans ce vaste fast food qu’était la forêt bourguignonne, et se vêtir à l’aide de magnifiques parures faites en feuilles d’arbres. A l’époque les arbres étaient très grands et on pouvait facilement faire un caban dans une seule feuille de chêne.
Le soir, nos celtes se réunissaient au clair de lune et s’endormaient bienheureux la tête farcie d’étoiles. La vie était belle.
Mais au bout d’un mois de ce régime très ancestral, on vit nos celtes commencer à s’ennuyer. Il n’était pas rare qu’ils se rencontrent deux à deux, en cachette pour ne pas contaminer le reste du groupe, et se posent mutuellement des questions existentielles du type « qu’est-ce qu’on fout là ? » « tu crois que les cubes de glace géants sont faits dans des congélos géants ? »
Après quelques temps on eut l’idée d’inventer les bardes. Ca c’était bien ! Les bardes jouaient de la musique et distrayaient les autres et ça occupait bigrement bien. Mais cela n’apportait pas les réponses.
Bientôt, pour pallier le manque indubitable qui rendait nos bienheureux celtes comme des chameaux à qui on aurait enlevé une bosse en cachette, on mit les bardes en haut de la cime des arbres, de gré ou de force (référence: Assurancetourix).
Leur mission : jouer pour les dieux afin que ceux-ci révèlent le secret des secrets : « Qu’est-ce qu’on fout là ? », « Que sommes-nous censés rechercher ? ».
Et les bardes, artistes consciencieux malgré leur protestation d’être si hauts perchés et à la merci des écureuils volants (à l’époque les écureuils volants pouvaient atteindre les six tonnes et avaient des dents gigantesques), se mirent au travail à grands coups de harpes magiques, et ce jusqu’à ce que les dieux alléchés par les notes en ribambelles qui s’élevaient dans les airs montrent le bout de leur… de leur…de leur !
Mais les dieux n’étaient pas très gentils. Et il n’était pas rare que le soir, à la nuit tombée (à l’époque la nuit tombait…poum !) lorsqu’un barde trop fatigué descendait de sa cime pour s’accorder deux ou trois heures de terre ferme, et qu’un membre de la tribu lui demandait : « alors qu’est-ce qu’ils ont dit les dieux ? » le barde réponde « ils ont dit BOUHHH).
Tristesse et déception. Les bardes n’en pouvaient plus. Alors, ayant remarqué que la musique avait pour vertu d’adoucir les écureuils volants d’habitude si cruels, ils crurent être plus utiles en désertant et en partant à travers bois  domptant et adoucissant tous les écureuils qu’ils rencontraient sur leur chemin. D’ailleurs si aujourd’hui les écureuils sont aussi gentils c’est uniquement grâce aux bardes d’alors.
Notre tribu restait perplexe.
Avec le temps d’autres tribus étaient apparues ci et là, et bien vite on entendit parler de ces fameux directeurs de conscience des peuplades celtes ; les druides.
Alors des membres de notre tribu partirent en mission pour rencontrer ces hommes dont le savoir, disait-on, dépassait celui du vieil arbre de la forêt qui savait beaucoup de choses mais qui était muet.
Le premier druide qu’ils rencontrèrent était un jeune druide hirsute et sans barbe (ce n’est que plus tard que la barbe devint obligatoire pour les druides). Ils lui demandèrent « O druide, que sommes-nous venus chercher, quel est notre but ? »
Et le druide de répondre : « Vous êtes venus chercher la lumière, mes fils ! ! ! Tenez, prenez un peu de cette potion que j’ai appelée amphétaminix, et puis un peu de celle-ci qui a pour nom LSDix » et nos bienheureux celtes burent les potions et en fait de lumière celle qu’ils virent les éblouit si bien que certains d’entre eux ne retrouvèrent jamais leur chemin et continuèrent d’errer jusqu’à presque la fin des temps.
Le second druide qu’ils rencontrèrent était un homme entre deux ages au regard fixe vêtu d’une sorte de costume inconnu à l’époque, un Hugo Boss gris perle.
« Eh bien, mes chers amis, je vais vous dire ce que vous cherchez. Vous voulez à tout prix retourner dans le ventre de votre maman et c’est là le but ultime de votre quête. Elle vous manque hein, maman ? c’est 30 euros par personne. Suivant ! »
Le dernier druide qu’ils rencontrèrent était un vieillard au teint gris et à la barbe longue.
Il les attacha à des poteaux de fer au milieu d’une vaste plaine puis invoqua l’orage. Lorsque la pluie eut fini de tomber, que le tonnerre se fut tu, et que nos malheureux héros furent traversés à de nombreuses reprises par la foudre, le druide les détacha et en réponse à leurs regards éberlués leur dit : alors, les gars, c’était comment  ? Ca décoiffe non ? J’ai appelé ça l’éclairochoc. C’est une technique médicale. Et vous verrez, ça va faire un malheur dans quelques siècles ! »
Avant de fermer la parenthèse druidique, je tiens à signaler qu’il n’y a rien de personnel dans cette histoire. Il n’est pas impossible qu’il existât de bons druides quelque part dans cet univers. Mais cette histoire ne le mentionne pas. N’allez pas en conclure que tous les druides sont méchants. Peut-être que non…
Toujours est-il que face à cet échec cuisant nos héros de retour en la tribu organisèrent un conseil exceptionnel afin de déterminer une bonne fois pour toutes quel était le but de leur existence, le saint Graal de leur quête.
Tous y assistaient. Hommes et femmes réunis en une harmonieuse congrégation, les hommes tout à leurs pensées, les femmes tout à leurs fourneaux, l’harmonie quoi !
Puis ce fut MacIntosh le puissant surnommé Power Mac, qui décida le premier du sort de la tribu.
D’un coup il s'écria : ce que nous voulons, c’est la liberté totale ! Ce qu’il voulait dire, c’était qu’il aurait bien aimé que sa femme lui fiche un peu la paix.
Mais cette petite phrase fit mouche.
Car chaque membre de la tribu s’était éveillé en l’entendant, s’était reconnu en elle. Ils avaient trouvé le but, le seul, le vrai : la liberté totale.
Ainsi commença la Grande Quête.
La forêt bourguignonne ne fut bientôt plus qu’un souvenir, car la Grande Quête les mena à travers le monde, à travers les âges. Nos celtes s’étaient éparpillés sur la grande terre, chacun gardant en son cœur la mission sacrée : ramener à son peuple la flamme éternelle de la liberté totale, à tout prix, quels que fussent les sacrifices. Ils ne reculèrent devant rien.
Un jour, on entendit parler de Mac Zarathoustra qui, ayant franchi les montagnes de Perse, avait découvert un petit bout de vérité. Grande fut la joie de ses compagnons disséminés à travers le vaste monde, mais totale n’étant pas la liberté trouvée, ils ne purent s’arrêter en chemin, et durent continuer la Grande Quête.
On raconte qu’un petit groupe de nos héros foulèrent le sol indien et rencontrèrent le grand Yogi : Siddharta.
Ils apprirent beaucoup de lui, mais lorsque bien des années plus tard ils croisaient leurs compagnons dans une taverne d’Europe ou d’ailleurs, ils n’avaient qu’une réponse : « le grand yogi n’a rien écrit, et aujourd’hui ce qui reste de son enseignement s’est perdu dans des complexités qui nous voilent la vérité simple que  nous cherchions. »
Et la quête continuait.
Mon aïeul William wallace lorsqu’il libéra l’écosse de son oppresseur Anglois n’oublia pas de crier à plusieurs reprises le cri de ralliement « freedom ! » rappelant ainsi au monde que la quête ne s’arrêterait qu’au jour où la liberté totale serait découverte et rendue disponible aux hommes et aux femmes de la terre.
Et nos celtes ne se ménageaient pas, tant et si bien qu’un jour on dit d’eux :

Ils ont le cœur vaillant
L’âme vive et guerrière
Toujours coule dans leur sang
Une volonté de fer
Ils postulèrent la lumière
En firent l’étoile de leurs espoirs
Et en parcourant notre terre
Toujours maintinrent bon la barre
Droits ! parmi les sentes sinueuses
Fiers ! parmi les trahisons nombreuses
Libres ! parmi les geôles de l’oppresseur
Toujours en quête d’un monde meilleur

A continuer... (par qui veut)

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