Bonnaire contre les psychiatres fous

Publié le par Eric Roux

Les quotidiens français ont assez bien couvert l'évènement médiatique qu'est la sortie en salle du film de Sandrine Bonnaire "Elle s'appelle Sabine". Un film qui est un émouvant cri d'alarme sur les exactions du milieu psychiatrique.

 

Sandrine, elle, n'a pas voulu en faire un réquisitoire contre qui que ce soit. Mais les faits parlent d'eux-mêmes.

A travers la vision des traitements inhumains subis par sa soeur, il ne faut pas se voiler la face sur la quantité de personnes qui subissent les mêmes traitements et dont la vie est détruite après leur passage en psychiatrie.

Mais la chose qui a mon sens est à relever avec intransigeance, c'est la réaction du personnel hospitalier psychiatrique concerné lors de la visite de Sandrine Bonnaire couverte par le journal Libération.

Lorsque Sandrine Bonnaire interroge un médecin psychiatre sur la raison qui a justifié la quantité hallucinante de drogues psychiatriques administrées à sa soeur, celui-ci répond que c'était nécessaire, vu qu'elle était violente. Et la violence dont il parle : elle avait giflé un infirmier...

Si je croisais ce monsieur et qu'il me proposait son traitement, il est possible que moi aussi je pense à lui faire tater du camouflet... J'ai pourtant bien compris qu'il me faudrait m'abstenir, car non seulement cela l'a conduite à être droguée jusqu'à un point d'extrême dégradation, mais cela lui a aussi valu des mois d'enfermement isolée du monde, un traitement dont même le plus saint de tous les sains d'esprit ressortirait aliéné.

Et Sabine a été aussi attachée avec des moyens «plus modernes, avec des aimants qui lient directement mains et chevilles au lit». Et le médecin psychiatre de prétendre que c'était nécessaire, que cela lui faisait du bien.

Pourtant , Sandrine est claire : avant, "Elle était dans l’échange, dans le contact. D’ailleurs, elle jouait du Schubert, elle dessinait. Aux Murets, elle a perdu toute mémoire, elle ne savait même plus s’habiller."

Ce qui me choque, au delà de la dégradation de Sabine Bonnaire, victime de l'inhumanité de ses bourreaux, c'est l'absurdité et l'absence totale de responsabilité du personnel psychiatrique.

"Nous n'avions pas d'autres choix, elle était violente". On croirait entendre les justifications d'un tueur en série aux assises.

Bien sûr que d'innombrables autres choix existent, pour un être humain évolué et sain d'esprit.

Que dois-je penser ? Si un jour ma femme me gifle, pourquoi ne l'enfermerais-je pas et ne la droguerais-je pas jusqu'à ce qu'elle devienne enfin docile ?

Lorsque Sandrine Bonnaire demande pourquoi sa soeur va mieux depuis qu'elle a quitté le milieu psychiatrique, la réponse est : "nous l'avons peut-être gardé trop longtemps".

Cette réponse peut-être qualifiée de "non sequitur". Ce qui veut dire qu'elle n'a aucun sens, qu'elle ne suit aucune logique. Est c'est une caractéristique d'aliéné !

Le fou, dans cette histoire, c'est celui qui n'est même pas capable de voir les dégats qu'il crée quotidiennement. Qui ne voit aucune relation de cause à effet dans le fait de droguer une personne et la dégradation qui s'ensuit, qui est incapable de reconnaître ses responsabilités même lorsque celles-ci éclatent au grand jour. 

Le fou, c'est celui qui dirige une usine de maltraitance à coup de drogues, d'électrochocs et de méthodes de coercitions barbares et qui répond "On ne peut pas faire autrement".

En Italie, les établissements psychiatriques ont tous été fermés depuis longtemps et le constat est très positif.

Alors, lorsque la psychiatrie nous fait croire qu'elle a besoin de plus de moyens, ne tombons pas dans le panneau.

Lorsque le Ministère de la santé présente comme solution : "plus de lits dans les hopitaux psychiatriques", la question à poser en retour est : "plus de lits pour torturer plus de gens ?"

Non, la psychiatrie n'a pas besoin de plus de moyens. ELle a juste besoin de retrouver la raison. Si tant est qu'elle l'ait eue un jour, ce dont je doute.

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