Pour commencer en poésie

Publié le par Eric Roux

Voici pour commencer ce blog avec de bonnes vibrations, un petit glossaire suivi d'un petit poème sur l'enfance d'un jeune homme en Corse.

Nitescence :
Lueur, rayonnement de lumière et la clarté qui en découle.
(du latin nitescere : briller)

Matutinal :
Un synonyme de matinal, plus chantant et utilisé pour décrire ce qui évoque le matin plus que ce que l’on fait le matin.
(De matin)

Cordial :
Quelque chose qui  stimule et réconforte. Qui donne du courage.
(Vient du latin cor : le cœur. Dans son sens propre, le cordial est un stimulant du cœur.)

Ciste :
C’est un petit arbrisseau qui secrète une résine très odorante et qui pousse dans le maquis du bord de mer.

Immortelle :
Une fleur qui est cultivée par les fleuristes pour faire des bouquets de fleurs séchées, et  qui, quand elle est sauvage, elle dégage un parfum fort et typique du maquis.

Aphrodite :
Déesse de l’amour.

Rai :
Rayon (de lumière). Ce mot n’est plus utilisé aujourd’hui qu’en poésie.(du latin radius : rayon)

Nonpareil :
Qui n’a pas son égal, qui surpasse tout.

Dru :
Dans ce sens là, cela  signifie vigoureux et fort. Le mot dans son sens premier veut dire serré en parlant d’un feuillage. (du gaulois druto, qui voulait dire fort et vigoureux,  comme Astérix…)

Sente :
Un sentier, un petit chemin.

Féal :
Adjectif ancien signifiant fidèle.
(De l’ancien Français « fei » qui voulait dire la foi.)

Drôle :
Jeune garçon .
(Du néerlandais « Drol » qui signifie « lutin »)

Onde :
L’eau dans la nature (mer, plans d’eau, etc.) (du latin unda, eau courante)

Aïeul :
Dans ce sens, le grand-père ou la grand-mère. (du latin aviolus)

Cinglé :
Fouetté (par le vent, la pluie, la neige).
(du latin « cingula » signifiant ceinture,  qui a donné en ancien Français « sangler » qui voulait dire « donner des coups de sangle », puis « cingler ».)

Barrer :
Diriger un bateau au moyen de la barre (dispositif pour manier le gouvernail).

Septentrion : 
Le Nord.
(C’est comme cela qu’on appelait les sept étoiles de la Petite Ourse, dont l’une d’elles, l’Etoile Polaire, marque le nord.)

Féru :
Employé ici dans son sens ancien, qui signifie « blessé ».
(De férir : frapper)

Remembrance :
Souvenir
(De l’ancien verbe remembrer : remettre en mémoire, comme l’anglais  «to remember »)

Et maintenant, le poème :

De l’île au sauvage olivier

Heureux goûtant la nitescence
D’un bel éveil matutinal
Me revint à l’esprit l’enfance
Qui fut de ma vie le cordial

En ces temps je fus va-nu-pieds
Par soucis de n’avoir semelle
Autre que corne naturelle
Foulant le maquis à mon gré

Galvaudant de par les granits
Nourri des odeurs essentielles
Des cistes et des immortelles
Sauvages elles sont mes Aphrodites

Je côtoyais le grand soleil
Aux rais brûlants et délicieux
Faisant saillir nonpareils
Les charmes drus des épineux

Le moindre rocher connaissait
Mon pas sur sa tête ancestrale
Et nulle sente n’ignorait
Le goût de mon âme féale

Et quand la terre plongeait ses bras
Dans l’eau profonde de sa geôle
Je m’y jetais, amoureux drôle
De tous les secrets d’en deçà

Et quand l’onde je sillonnais
Fier sur la barque de l’aïeul
Cinglé d’un vent au sel épais
Prisant la joie de barrer seul !


Là-haut dans  le septentrion
Je me souviens l’avoir vécu
Et par tant de beautés je fus
Féru, touché à profusion
Qu’en ces vivantes remembrances
Les miens trouveront à leur gré
La force vive et la vaillance
De l’île au sauvage olivier

Publié dans Poésie

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